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Domaize - Le château, la Terre et la Seigneurie.

Traversée par les routes d’Olliergues à Saint-Dier et de Cunlhat à Courpière, la commune de Domaize comporte en son chef-lieu un château qui fut autrefois le siège d’un fief important dont les seigneurs se disaient les vassaux de la baronnie de Montboissier.

Face à la place de l’église et de la halle, laquelle est bordée de la partie la plus ancienne de l’agglomération, le château se présente comme un quadrilatère entourant une petite cour intérieure et  accolé à ses quatre angles de deux tours rondes et deux gros pavillons faisant un peu saillie. Entre les deux tours, une terrasse avec balustrade longe le premier étage, l’escalier en fer à cheval qui permettait l’accès direct à l’extérieur ayant cependant disparu.

Les anciens fossés, quoique asséchés et sans doute en partie comblés depuis au moins deux siècles, sont encore bien visibles, et cette construction conserve encore des traces de son rôle défensif avec quelques anciennes canonnières disposées dans ses murs, alors qu’une grande pièce d’eau fait face à la terrasse, alimentée par le ruisseau de Sauvagnon.

Outre de belles salles voûtées, ce bâtiment recèle notamment en ses intérieurs un petit oratoire décoré de stucs dans le style de la Renaissance, un ancien salon de musique d’époque Louis-Philippe dont le plafond à caissons est peint d’allégories symbolisant cet art, un ancien salon décoré de boiseries Louis XV et de colonnes corinthiennes réalisées en 1846, et un petit cabinet dont les murs son revêtus de blasons aux couleurs représentant les armes de la famille de Lodant et ses alliances. la décoration de cette dernière pièce laisse penser, tant par son style que par les armoiries qui y figurent qu’il s’agit d’un travail réalisé à la fin de l’époque de la Renaissance.

Ce château non dénué d’intérêt a également une longue histoire derrière lui, mais qui est – semble-t-il – encore mal connue. L’objet de cette étude est d’essayer de lever ce voile autant que faire se peut, au fil des différentes époques et des personnages qui s’y sont succédé.

 

Les Uffan et leur fief de Domaize, vassal de Montboissier.

 

Le jeudi après la fête de Saint Martin d’hiver de l’année 1199, Hugues « Huffram », écuyer, seigneur de Domaize rend foi et hommage à puissant seigneur Guy baron de Montboissier, pour la terre et seigneurie de Domaize, avec ses forteresse, fossé, juridiction, haute, moyenne et basse justice, ses sujets, garennes, étangs, prés, moulins, bois, cens, revenus, parcières, avec la dîme située dans la paroisse de Domaize et Saint-Dier, en présence de Guy de Sugères, seigneur de La Vendio, Geoffroy de Sermeto, seigneur de Condat, Robert des Enclaux, seigneur dudit lieu, et de messires Jean Bernin et Pierre Camus, prêtres.

L’authenticité de ce parchemin est contesté, notamment parce que l’on ne connaît pas de Guy de Montboissier à cette époque. Cependant l’on sait qu’il s’agit d’une copie prise sur le chartrier des Montboissier à la fin du XV° siècle et que le procès-verbal correspondant fait état de : « … fiefs faits par les feux seigneurs de Dutmezes aux feux seigneurs de Montboissier l’un est intitulé Hugo Huffram, scutifer, par lequel appert que ledit seigneur de Dutmezes faisant foi et hommage audit seigneur de Montboyssier nommé messire Guydon seigneur et baron dudit Montboyssier de la maison et forteresse de Dutmezes ensemble de la dîme d’ycelluy seigneur appelée la dixme de Dutmezes daté du jeudi amprès la feste Saint Martin d’hiver l’an mil cent quatre dix neuf ».

Il est vrai cependant que le 18 avril 1238, est cité Robert de Meymont, seigneur de Domaize, frère d’Etienne de Meymont, seigneur du lieu, damoiseau, et fils de Robert de Velay alias de Clermont, et d’Iseut de Meymont, dame du lieu et d’Olliergues, car ce jour là il est dit que c’est le ruisseau de Mande qui fait déjà limite entre Meymont et Domaize, dans la vente consentie par Etienne de Meymont de son château de Meymont au comte du Forez, « … excepta terra de Dimeses que est Roberti fratis mei, sita ultra aquam de Amanda versus Mauzeum… », à l’exception de Domaize qui est à mon frère Robert sis au-delà du ruisseau de Mande côté Mauzun.

Cela signifie-t-il que Robert possédait l’ensemble de la terre de Domaize ? A-t-il épousé une Uffan et ses enfants ont-ils relevé ce patronyme ?

Quoiqu’il en soit, le même document de 1494 fait état d’un « autre fief fait par Guillaume Uffan, lors seigneur de Dutmezes à feu le seigneur de Boyssonnelle de la maison, forteresse de Dutmezes, justice haute, moyenne et basse, ensemble de la dixme appelée de Dutmezes de laquelle est question à présent entre les parties datée du 5ème jour de mai de l’an mil deux cent cinquante trois » (1253).

En 1310, Pierre Uffan (Petrus Uffani), chevalier est témoin de la transaction signée par l’évêque Eustache de Montboissier (et son frère), pour fixer les frontières entre leurs terres, depuis l’Ailloux à Manglieu jusqu’à Courpière, alors que l’on retrouve ce même personnage dans « un autre fief fait par Pierre Uffan, chevalier, au seigneur de Montboissier, qui lors était de la maison de Dutmezes, de plusieurs cens et rentes déclarés et confinés audit fief, juridiction et justice haute, moyenne et basse contenus dans certaines limites audit fief, ensemble de la dîme que ledit seigneur avait accoustumé prendre et percevoir dans la paroisse de Dutmezes de laquelle est à présent question entre lesdites parties, datée du jour après la feste Saint Mathieu l’apostre l’an mil iiicxxxiii » (1334).

Peut-être est-ce le même qui en 1335, appelé Pierre « Dufan » rend foi et hommage au seigneur de Vollore pour « plusieurs cens sur le tènement du Puy, du Clos, de La Ripe, de Bornas, du Prat-Clos, du clos u PuyGenest, situés dans la paroisse d’Escoutoux ».

Puis on apprend qu’Ymbert et Ancelot, damoiseaux, sont seigneurs de Domaize en 1357, qu’une vente est consentie par Guillaume Guitard, chanoine de Clermont, à noble homme Humbert ou Imbert Uffan, damoiseau, seigneur de Domaize, de divers cens et rentes dans les paroisses de Domaize, Ceilloux, Saint-Flour et Saint-Dier, le 5 août 1368 (« nobili viro Ymberto Uffa, domicello, domino Dutmezarum »).

Mais la filiation connue de cette famille commence avec Astorg Uffan, seigneur de Domaize, qui rendit un fief au seigneur de Montboissier en 1393. Ce dernier est alors l’époux d’Isabelle de Montcelard, fille d’Hugues du Montcelard, damoiseau.

C’est au temps d’Astorg Uffan que, le 8 septembre 1408, est consacré l’autel de la chapelle dans laquelle est la sépulture des seigneurs de Domaize, dans l’église de Domaize, par Charles de Bourbon, cardinal et évêque de Clermont. Et ce même Astorg échange en 1410 une maison dans la ville de Courpière.

Son fils Antoine aurait doté en juin 1403 sa sœur Catherine de Domaize de 400 livres et 100 sols de rente, par transaction.

Le 2 septembre 1419, et le 6 septembre 1424, plusieurs reconnaissances de cens sont consenties à « noble homme Antoine Duemezes, escuier, seigneur dudit lieu de Duemezes à cause de sa seigneurie et châtellenie de Domezes », notamment pour le moulin de Las Trias en la rivière de Méode, paroisse de Domaize.

En cette année 1424, Isabelle de Montcelard donna à son fils Anthoine Uffan la moitié de ses biens, mais celui-ci mourut sans postérité avant 1434, laissant sa mère – en faveur de laquelle il testa – et sa sœur Catherine, dernière héritière du nom et de la fortune des Uffan de Domaize.

 

Le bâtard de Montboissier et sa descendance.

 

(Voir famille de Montboissier).

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